Interview – Paul Webster, fan de Sheffield Wednesday et en charge des visites d’Hillsborough

Heristage vous propose grâce à ses interviews de découvrir d’autres manières d’appréhender et de transmettre l’histoire du football anglais. Nous sommes cette fois allés à la rencontre de Paul Webster. Fan de Sheffield Wednesday depuis sa jeunesse, Paul Webster travaille aujourd’hui pour le club, et s’occupe notamment des fameux Stadium Tours – une pratique très courante outre-manche en ce qui concerne Hillsborough. Ayant vu depuis les terrace les plus grandes légendes défilées, Paul Webster se remémore à chacune des visites qu’il organise l’histoire de son club et la prêche avec passion et nostalgie. Venez donc vous aussi découvrir les grands moments de l’histoire de Sheffield Wednesday, et plus largement les avis de ce fan aguerri sur l’importance de l’histoire.

A propos de Paul Webster

« Entre 1967 et le début des années 1990, je n’ai presque raté aucun match, que ce soit domicile ou à l’extérieur. »

Pouvez-vous tout d’abord vous présenter ?

J’ai travaillé pour deux entreprises en tant que chef du service crédit : RSC (désormais Tata Steel) et William Cook Steel Foundry. J’ai aussi travaillé pour des associations. Depuis 2015, je suis officiellement retraité, mais je file un coup à main en tant que steward à Hillsborough (il gère par ailleurs la presse, ndlr). A vrai dire, depuis 1983, je travaille à Hillsborough les jours de match, et depuis 20 ans je fais aussi les déplacements en tant que steward.

Depuis quand supportez-vous Sheffield Wednesday, et surtout pourquoi ? 

Je suis un fan de Wednesday depuis 1964. Mon père m’a amené à mon premier match quand j’avais 11 ans. Je suis tout de suite tombé amoureux de l’odeur du bovril, de la fumée et des couleurs de notre superbe maillot rayé. Je ne me souviens plus ni de l’adversaire, ni du score mais qu’importe : à partir de ce moment-là, je suis devenu accro. Depuis, je suis le club et j’ai commencé à faire des matchs à l’extérieur à partir de notre beau parcours en Cup 1966 (jusqu’en finale face à Everton, ci-dessous). Entre 1967 et le début des années 1990, je n’ai presque raté aucun match, que ce soit domicile ou à l’extérieur.

A propos des visites de stades

« J’ai listé quelques points importants que les fans aimeraient surement voir aborder. »

Comment en êtes-vous arrivé à organiser les visites d’Hillsborough ?

Très simplement, le club m’a demandé il y a environ 9 ans d’organiser ces visites du stade, puisque je connaissais le club depuis très longtemps déjà et que j’avais l’expérience professionnelle adéquate pour le contact humain nécessaire à ce genre de choses. Je leur ai dit que j’allais essayer. J’ai eu une totale liberté sur la façon d’organiser ces visites, et depuis je les continue avec plaisir.

Comment préparez-vous ces visites, qui durent tout de même 2 heures ? Modifiez-vous son contenu de temps à autre ?

Au début, j’ai listé quelques points importants que les fans aimeraient surement voir aborder. Il a fallu ensuite penser au moment et à la façon de les amener lors de la visite du stade. J’ai gardé la trame initiale, mais j’écoute toujours les retours que l’on me fait et j’ai donc retiré et ajouté certains éléments depuis. Je m’adapte aux fans pour être sûr qu’ils apprécient la visite. Ce n’est d’ailleurs pas évident de plaire aux enfants et aux adultes en même temps. Je suis content avec ce que je fais actuellement, et je ne prévois aucune modification, sauf si le club est promu, auquel cas le stade sera surement modifié et a fortiori ma visite avec.

A propos de Sheffield Wednesday

« L’animal nous a porté chance puisque Wednesday a alors réalisé une belle série d’invincibilité, et on a donc adopté ce surnom. »

Pouvez-vous tout d’abord nous raconter brièvement la création de Wednesday, et sa relation avec le voisin Sheffield United ?

Au départ, en 1820, nous étions un club de cricket (ci-dessous). Le seul jour de la semaine libre pour jouer les matchs était le mercredi, donc nous avons pris ce nom (Wednesday, ndlr). Une section foot a été créée en 1867, et après avoir utilisé différents stades, nous nous sommes installés à Bramall Lane, que l’on louait à la mairie de Sheffield. Cependant, en 1887, la mairie a augmenté le loyer qui devenait alors trop cher, nous sommes donc partis vers un autre stade appelé Olive Grove (le club se déplacera ensuite vers Owlerton pour y construire Hillsborough, ndlr). La mairie de Sheffield a aidé à la formation d’un autre club, Sheffield United, pour remplacer Wednesday à Bramall Lane. Depuis, les deux clubs sont bien évidemment de grands rivaux.

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Pourquoi l’histoire est-elle si importante, notamment avec une telle rivalité locale ?

L’histoire ne devrait jamais être oubliée. Nous avons tous besoin de connaître nos racines, de savoir d’où l’on vient.

Pourquoi les joueurs de Wednesday sont-ils surnommés les Owls (chouettes/hiboux, ndlr) ?

Nous étions surnommés les Blades jusque 1914 environ et nous jouions à Owlerton. Un joueur écossais, du nom de George Robertson, revenait alors de chez lui et avait avec lui une chouette, qu’il a mise sous la tribune. L’animal nous a porté chance puisque Wednesday a alors réalisé une belle série d’invincibilité, et on a donc adopté ce surnom.

Sheffield Wednesday a emporté la First Division deux fois de suite en 1929 et 1930. Un commentaire à ce propos ?

Les résultats parlent d’eux-mêmes à vrai dire, de la vraie dynamite cette équipe ! Même durant le début des années 30, nous avions une superbe équipe, dont le point culminant fut la victoire en finale de FA Cup 1935 (4-2 face à West Bromwich Albion, grâce notamment à un doublé d’Ellis Rimmer en toute fin de rencontre, ndlr).

L’histoire de Derek Dooley est visiblement une histoire qui vous tient très à cœur. Pouvez-vous nous la raconter ?

mg370556Derek (ci-contre) était un fan de Wednesday depuis tout petit. Il a fait ses débuts en équipe première très jeune. Durant les années 1940, en tant qu’avant-centre, il fallait faire attention à soi, ce que Derek savait parfaitement faire grâce à son gabarit physique. Entre 1950 et 1953, il était surement le meilleur attaquant du pays, avec 63 buts marqués en 61 rencontres. Malheureusement, il n’était jamais sélectionné avec l’équipe nationale : à l’époque, le fait d’être originaire du Nord était un vrai handicap, ce qui était dans son cas une véritable injustice. En 1953 – alors qu’il n’avait que 23 ans -, il s’est cassé une jambe lors d’un match à Preston. En moins de 24 heures, les médecins ont diagnostiqué une gangrène dans l’articulation. La seule option a été de lui amputer la jambe : à 23 ans, sa carrière était terminée. Il est cependant resté au club, dans le staff d’abord puis ensuite en tant que directeur commercial. En 1974, il est même devenu entraîneur de l’équipe première ! Deux ans plus tard, pourtant, les dirigeants l’ont limogé comme un mal propre la veille de Noël. Il a alors rejoint Sheffield United et a gravi les échelons jusqu’à y devenir président. En clair, il a donné de la fierté aux deux clubs de la ville, et il y a désormais une rue qui porte son nom, la Derek Dooley Way.

Avant 1961 et son départ pour Everton, Harry Catterick – alors surnommé Mr Success – a connu un grand succès en tant qu’entraîneur de Sheffield Wednesday, finissant notamment deuxième en 1960-1961. Quel regard portez-vous sur son travail ? Où le placez-vous dans la hiérarchie des entraîneurs de Wednesday ?

Oui, il était au début de sa carrière à l’époque, mais il a construit une très bonne équipe, capable de rivaliser avec Tottenham et les autres grandes équipes d’alors. Il voulait travailler et encore améliorer son équipe, mais les dirigeants ne le suivaient pas et préféraient alors dépenser de l’argent sur le stade. Il a choisi de quitter Wednesday pour aller à Everton, et le reste n’est qu’histoire. En tout cas, il fait clairement parti des meilleurs entraîneurs de l’histoire du club, avec Jack Charlton et Ron Atkinson.

En 1964, le football anglais et tout particulièrement Sheffield Wednesday a été secoué par le scandale des matchs truqués, des joueurs ayant apparemment truqués des rencontres à l’avance puis pariés sur celles-ci. Rétrospectivement, quel a été l’impact de ce scandale sur la suite de l’histoire du club ?

103557Gros scandale en effet. A vrai dire, nous avons été le bouc émissaire du football anglais, puisque cette pratique était courante dans tout le pays. Peter Swann (le plus célèbres des joueurs impliqués, ci-contre) a écrit dans son livre n’être jamais entré sur la pelouse avec l’intention délibérée de perdre la rencontre. Lui et les autres joueurs pariaient régulièrement sur les matchs, et c’était bien évidemment le cas dans énormément de clubs. Nous avions une superbe équipe à l’époque, et la Fédération a surement voulu faire de cette décision un exemple médiatique pour endiguer la pratique. Mais encore une fois, à ce jour, il explique qu’aucun match n’a été truqué. Ce scandale a eu une importance considérable sur le club et l’équipe, et ça a été un vrai tournant (joueurs bannis, changement d’entraîneur et rapidement lutte pour le maintien, ndlr).

Après des années 70 difficiles, les années 80 et début 90 ont globalement était une période prospère, Wednesday étant alors une équipe établie de First Division hormis un court passage en Second Division. Que pensez-vous de l’équipe d’alors ?

Tout simplement la meilleure équipe que j’ai vu joué, notamment entre 1989 et 1992 sous les ordres de Ron Atkinson ! Nous jouions alors un football rapide et excitant, c’était vraiment très plaisant à regarder. Nous nous sommes qualifiés pour l’Europe d’ailleurs, mais on n’a pu y jouer qu’une année à cause ensuite du ban des équipes anglaises (Unique relégation en 1990, mais promu directement et vainqueur de la League Cup en 1991, ci-dessous).

The Sheffield Wednesday team

Abordons désormais le délicat et douloureux sujet du drame d’Hillsborough en 1989 : il y a toujours des débats sur les raisons du désastre. Que pensez-vous de tout cela ?

Sujet houleux, je ne peux pas trop le commenter. Je dirai simplement que j’y étais et que j’ai vu ce qui s’était passé. La police a été totalement blâmée, mais à mon avis, ce n’est pas aussi noir ou blanc.

Quel regard portez-vous sur Hillsborough, et notamment sa superbe South Stand – typique du travail de l’architecte Archobald Leitch ? 

Les North et South Stands (en face, ci-dessous) sont fantastiques, et l’ambiance y est vraiment géniale. Je pense à l’inverse que le Kop et la West Stand doivent être démolis et reconstruits.

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Votre meilleure XI de Wednesday ? 

Les gens essayent tous de faire ça, mais le football a tellement changé que des joueurs comme Derek Dooley n’auraient plus leur place dans le football moins rugueux d’aujourd’hui.

Que pensez-vous du nouvel emblème du club instauré à l’été 2016, qui était en fait celui realdu club durant les années 50, mais qui n’avait à l’époque pas été porté sur les maillots ? N’y a-t-il pas un paradoxe puisque au même moment, les historiques rayures verticales blanches du maillot domicile ont été abandonnées ?

L’ancien logo (ci-contre) que l’on réutilise désormais est génial car traditionnel ! Mais oui en même temps, ils ont retiré les rayures blanches du maillot, ce qui est absurde et insensé puisque elles ont été utilisées depuis près de 120 ans, hormis une petite période durant les années 1960.

À propos de l’importance de l’histoire du football anglais

« En racontant l’histoire de mon club, je ne peux qu’espérer apprendre aux fans combien il est important de ne jamais oublié le passé. »

Pourquoi pensez-vous qu’il est important de raconter et de transmettre l’histoire du football anglais ?

Sheffield est l’endroit où tout à commencer. Nous avons le plus vieux club au monde, Sheffield FC, et le plus vieux stade, Hallam. Wednesday est le cinquième club le plus vieux des 92 clubs actuellement professionnels en Angleterre. Notre ville est réputée pour le football. En racontant l’histoire de mon club, je ne peux qu’espérer apprendre aux fans combien il est important de ne jamais oublié le passé, passé dont nous devons être fier.

À quel point l’accumulation actuel de l’argent dans le football met-elle en danger les racines historico-culturelles des clubs et du football ?

Vous ne pouvez jamais changer l’histoire. Malheureusement, je pense qu’à l’inverse la culture change, et certainement pas dans le bon sens du terme. Tout tourne autour de l’argent désormais. Des propriétaires étrangers arrivent pour gagner de l’argent, les joueurs touchent des salaires ridiculement élevés et les agents profitent de tout ce système pour servir leurs intérêts.

Last but not least

« Ils jouaient bien pour l’honneur de représenter le club local et leur pays. »

Le football était-il mieux avant ?

Absolument. Les joueurs ne jouaient pas pour l’argent, mais bien pour l’honneur de représenter le club local et leur pays. La passion et la loyauté ont désormais disparu du football, et ont été remplacé par la déloyauté et l’avidité. Alors oui, le football est plus rapide et de meilleure qualité aujourd’hui, mais le prix payé pour ça a été énorme.

Rémi Carlu

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De la D4 à Wembley: retour sur l’irrésistible ascension de Watford

Le 20 août 1977, pour l’ouverture de la nouvelle saison de Fourth Division, Watford se rend au charmant Edgeley Park pour y défier ses pensionnaires, Stockport County. Le 19 mai 1984, soit sept petites saisons plus tard, les Hornets se déplacent à Wembley pour tenter d’y emporter la toute première FA Cup de leur histoire, face à Everton. Entre temps, une ascension prodigieuse téléguidée par un trio aussi déroutant qu’admirable : Elton John, Graham Taylor et Bertie Mee.

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Manchester Derby 1974 : histoire d’un but

Le 27 avril 1974, Manchester United reçoit Manchester City à Old Trafford pour la 42ème et dernière journée de Football League First Division. Installé dans le ventre mou du classement, Manchester City aborde cette rencontre sereinement, à l’inverse de United qui, en grand danger, doit impérativement s’imposer pour conserver une chance de se maintenir parmi l’élite nationale. 90 minutes et un but plus tard, c’est l’Angleterre du football toute entière qui n’arrive pas à croire ce à quoi elle vient d’assister.

C’est l’histoire de l’un des matchs les plus célèbres de l’histoire du football anglais. Le 27 avril 1974, United et City s’affrontent dans un Manchester Derby qui s’annonce mémorable. Pour le compte de la dernière journée de championnat – bien que certaines équipes doivent encore jouer des matchs décalés après celui-ci, dont Manchester United avec un déplacement à Stoke -, les deux orges s’affrontent dans une configuration assez simple : si City ne cherchera qu’à gagner pour le prestige, les Reds Devils doivent eux l’emporter pour espérer se maintenir en First Division. Il faudrait en effet qu’outre leur victoire, Birmingham City s’incline à Norwich lors de cette même journée, et qu’United emporte son match en retard face à Stoke pour obtenir le maintien. En somme, alors que City peut aborder le match sereinement, la situation est plus que délicate pour United, qui pourrait bien être condamné à la relégation en Second Division pour la première fois depuis 37 années.

Manchester United, éternel orphelin de Matt Busby

Force importante du football anglais durant les années 1960, United aborde le début des années 1970 avec la gueule de bois. En effet, malgré le terrible crash de Munich en 1958, Matt Busby et son bras droit Jimmy Murphy ont réussi en quelques années à remodeler une nouvelle équipe capable de concourir pour le titre national, qu’ils emportent en 1965 et 1967 (ci-dessous) sous l’impulsion de la United Trinity formé par Bobby Charlton, Denis Law et George Best. La Coupe d’Europe est aussi glanée en 1968, avant le départ de Matt Busby au terme de la saison suivante pour devenir general manager, au sein même du board. Les ennuis commencent alors pour Manchester United, alors que l’équipe première est au même moment sur le déclin.

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Ancien joueur du club puis entraîneur de la réserve, Wilf McGuinness hérite du poste d’entraîneur à l’âge de 31 ans. Pourtant, les choses ne se passent pas comme prévu : grand passionné et rêveur, McGuinness se rend bien vite compte que le poste dont il vient d’hériter diffère de ce qu’il en avait imaginé. Trop proche des joueurs avec qui il manque donc de sévérité, il doit aussi faire face aux interférences constantes de Matt Busby. Après des résultats décevants, il quitte son poste en décembre 1970, Matt Busby assurant l’intérim jusqu’à la fin de saison. C’est alors Frank O’Farrell qui débarque sur le banc d’Old Trafford, lui qui avait tout récemment mener les Foxes de Leicester au titre de Second Division. Après une première saison dans les standards des deux précédentes (8ème), sa seconde saison s’avère bien plus délicate. Le début d’édition 1972-1973 voit ainsi United enchaîner les mauvais résultats, et le très rigoureux O’Farrell prend à son tour la porte. Sa pige sur le banc des Red Devils est elle-aussi marquée par des problèmes relationnels avec Matt Busby et le président Louis Edwards d’une part, et avec les joueurs d’autres part, dont George Best qui devient de plus en plus incontrôlable – annonçant d’ailleurs au même moment depuis les plages espagnoles qu’il prend sa retraite !

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C’est alors l’entraîneur de l’Ecosse, Tommy Docherty (ci-dessus à gauche, avec Matt Busby), qui débarque sur le banc des Reds.  Showman, énergique, impulsif : le caractère bien trempé de l’Ecossais et son football offensif ont convaincu les dirigeants, qui voient en lui un homme à l’envergure nécessaire pour remettre le club dans le droit chemin. Comme son expérience à Chelsea en témoigne, il a en outre l’œil averti quand il s’agit de découvrir de jeunes talents, qu’il n’a jamais hésité à lancer en équipe première en lieu et place d’anciens cadres en déclin. Pour sa première saison, il réussit à maintenir son équipe vieillissante en First Division, avec une belle série en fin de saison qui permet aux Red Devils de finir en 18ème position à la fin de l’exercice 1972-1973. Sur une belle dynamique et à l’aube de la nouvelle édition donc, Manchester United semble enfin prêt à prendre un nouveau départ.

Manchester City et l’échec Malcolm Allison

De l’autre côté de la ville, l’ambiance n’est pas plus joyeuse en ce début de décennie. Pourtant, les années 1960 se sont terminées sur d’excellentes notes puisqu’elles ont vu l’âge d’or de Manchester City, avec indéniablement la meilleure équipe de l’histoire du club. Emmené par le duo Joe Mercer et Malcolm Allison – le premier, entraîneur calme et discret s’occupant du fonctionnement global du club ; et le second, adjoint charismatique et flamboyant très au point en terme de tactique et de coaching -, Manchester City emporte la First Division 1968, la FA Cup 1969 et la Coupe des Vainqueurs de Coupe 1970 (ci-dessous), en plus de la League Cup. L’avenir du club semble alors plus radieux que jamais, à un moment où le voisin commence justement à dangereusement faiblir. L’hégémonie sur la ville est éminente.

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Pourtant, les choses ne se passent pas comme prévues. L’inévitable guerre entre Mercer et Allison se déclenche, le premier n’ayant toujours pas tenu sa promesse de laisser entièrement au second les rênes de l’équipe : Allison veut devenir entraîneur de Manchester City à part entière, et est prêt à tout pour atteindre ses ambitions. Si la première saison de la décennie déçoit avec une triste 11ème place, les choses s’activent en coulisse et la bataille entre les deux hommes devient politique. Grossièrement, Joe Mercer soutient le président actuel Albert Alexander et son board, alors que Malcolm Allison soutient Peter Swales, sur le point de prendre le contrôle du board, et qui lui a évidemment promis le poste d’entraîneur à temps plein. C’est chose faite le 7 octobre 1971 ; Allison devient alors team manager et Mercer general manager. En clair, le second monte d’un étage, quand Allison prend officiellement la tête de l’équipe première. Les choses se rodneymarshmalcolmallisonexpnew22_omyvrlsnlpassent plutôt bien dans un premier temps, City étant premier avec quatre points d’avance en mars. Le flamboyant Allison décide pourtant de renforcer encore davantage son équipe avant la dernière ligne droite, et signe pour £200.000 Rodney Marsh en provenance de Queens Park Rangers le 8 mars (ci-contre). Malheureusement, la greffe ne prend pas ; pire encore Marsh trouble le bon fonctionnement de l’équipe sur le terrain. La belle mécanique s’enraye, City ne termine que 4ème. Mercer, qui s’en ira durant l’été après avoir découvert que sa place de parking et son bureau lui avaient été retiré, en dira : « £200.000 is a lot of money to spend to throw away the Championship. »

Cet épisode est un tournant dans l’histoire du club : alors qu’elle aurait pu débuter sur un franc succès, l’expérience Allison débute sur une mauvaise dynamique, et tourne même rapidement au vinaigre. Après de mauvais résultats, il quitte le club en mars 1973. Débarque alors Johnny Hart qui termine la saison et amène City à la 11ème position. A l’approche de l’édition 1973-1974, City semble ainsi, et contrairement à son voisin, sur une pente dangereusement glissante.

Manchester United, l’incurable déclin

Si les fans de Manchester United espéraient que cette saison soit la première d’un nouveau départ, ils se trompaient gravement. La dynamique insufflée en fin de saison passée retombe, et les hommes de Docherty perdent à sept reprises lors des douze premières rencontres. Les problèmes de United sont avant tout offensifs. A vrai dire, deux décisions cruciales ont été prises durant l’été : Denis Law et Bobby Charlton ont tous deux quitté le club. Sortant il est vrai d’un exercice difficile avec respectivement un et six buts marqués, les départs de deux des membres de la United Trinity n’en restent pas moins étonnant, dans une période délicate où l’expérience est souvent cruciale. Plus étonnant encore, si Bobby Charlton – devenu meilleur buteur de l’histoire du club avec 249 buts – part entraîner Preston North End en Second Division, Denis Law – 237 réalisations en 404 rencontres – retourne gratuitement à Manchester City, club pour lequel il avait joué entre 1960 et 1961 avant son départ en grande pompe au Torino. A l’inverse, George Best est de retour après que Docherty ait réussi à le convaincre.

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United est misérable offensivement à tel point qu’à Noël, l’un des meilleurs buteurs de l’équipe n’est autre que le gardien Alex Stepney, auteur de deux buts sur pénalty (ci-dessus, un pénalty qu’il rate) ! Que ce soit en FA Cup ou en League Cup, les pensionnaires d’Old Trafford ne font pas long feu, sortis respectivement par Ipswich Town et Middlesbrough. A la nouvelle année, la saison vire au cauchemar avec un enchaînement terrible et inexorable de mauvais résultats. George Best effectue d’ailleurs en janvier sa dernière apparition pour le club : Docherty décide de l’écarter définitivement avant un match contre Plymouth en FA Cup, le joueur se pointant trop régulièrement alcoolisé aux entraînements à son goût. En difficulté, United a pourtant un sursaut d’orgueil – instinct de survie dirons-nous – au mois d’avril, et enchaîne suite à une victoire 3-1 à Stamford Bridge le 30 mars 1974 une belle série de six matchs invaincus, dont quatre victoires. D’autres équipes en difficulté comme Norwich et Newcastle sont d’ailleurs battues, ce qui semble relancer les espoirs d’un maintien qui apparaissait n’être devenu que fatalité.

Malheureusement pour les habitués d’Old Trafford, les Red Devils sont défait 1-0 par Everton avant d’accueillir le voisin City dans un derby de la mort : United doit l’emporter et espérer une victoire de Norwich à Birmingham pour continuer d’y croire.

L’entrainante valse des managers à Maine Road

Le virevoltant Malcolm Allison parti, et l’ancien joueur Johnny Hart débarqué, il serait pourtant fantasque là aussi de croire qu’une nouvelle ère de stabilité et de prospérité venait de s’ouvrir à Manchester City. Après 14 rencontres, le bilan de Hart est en effet mitigé avec cinq victoires, cinq nuls et quatre défaites. Celui-ci est alors victime d’une attaque du pancréas qui l’oblige à se retirer du football. Le 24 octobre 1974, Ron Saunders – qui vient de démissionner de son poste à Norwich pour une mésentente avec les dirigeants ; il avait pourtant amené les Canaries en First Division pour la première fois de leur histoire – accepte la proposition de Manchester City et devient le nouvel entraîneur du club. Entraîneur sévère, il demande beaucoup à ses joueurs, qui pourtant semblerait-il seraient défavorable à cette approche. La logique est alors implacable : l’entraîneur ne réussit pas à conquérir son vestiaire, celui-ci étant même en grève d’après certaines rumeurs. City glisse dangereusement au classement, et si le mois de janvier et début février voit la situation du club se stabiliser, ce n’est que pour mieux replonger par la suite avec seulement deux succès en onze rencontres.

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Pourtant, si les résultats en championnat sont mauvais, Manchester réalise parallèlement un très beau parcours en League Cup. Eliminés de la FA Cup dès janvier, les Citizens progressent dans l’autre coupe, au point d’atteindre la finale le 2 mars face à Wolverhampton. S’il s’agissait là de la deuxième finale consécutive pour Ron Saunders à titre personnelle, il s’agissait tout autant de sa deuxième défaite consécutive, puisque City est défait de justesse par les Wolves sur le score de 2-1, malgré le but de Colin Bell (ci-dessus).

Puisque City continue de plonger en championnat, le président Peter Swales décide de se séparer de son entraîneur le vendredi saint, soit le 12 avril, expliquant qu’il veut éviter à tout prix une relégation du club, qui n’est pour l’instant hors de la zone de relégation que grâce à la différence de but. C’est Tony Book, assistant de Ron Saunders mais ancien arrière droit et capitaine du club, notamment sous l’ère prospère de Joe Mercer, qui prend la relève le jour même, Manchester City tenant Liverpool en échec 1-1 à Maine Road. Si quatre jours plus tard, les Citizens se font écrasés 4-0 à Anfield par les mêmes Reds, ils obtiennent ensuite une victoire importante face à West Ham 2-1 qui assure leur maintien en First Division. Pour clore une saison difficile qui aura donc vu passée trois entraîneurs, City se rend à Old Trafford avec pour unique objectif d’envoyer son voisin en deuxième division, histoire de finir une saison compliquée sur une note sucrée.

Manchester Derby 1974 : match mythique, but d’anthologie

Le premier derby de Manchester de la saison s’était terminé sur un triste 0-0 ; il avait pourtant marqué les esprits suite aux échauffourées entre Mike Doyle et Lou Macari (ci-dessous). Tous deux exclus, ils avaient même refusé de quitter la pelouse, obligeant l’arbitre Clive ‘The Book’ Thomas à renvoyer tous les joueurs aux vestiaires puis à solliciter l’intervention de la police pour maintenir les deux trouble-fêtes en dehors de la pelouse pendant que le match reprenait.

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Le 27 avril 1974, à Old Trafford, la phase retour d’un duel que Manchester United doit cette fois absolument emporter pour continuer de croire à son maintien peut avoir lieu. A l’entrée des 22 acteurs sur la pelouse, le public – près de 57.000 spectateurs, soit la deuxième plus grande affluence de la saison – n’a pourtant d’yeux que pour un seul homme : Denis Law. Le King de United évoluera en effet cet après-midi, comme depuis le début de saison, sous les couleurs de Manchester City. La vue de leur ancienne gloire sous les couleurs adverses ne laisse pourtant aucune place à l’amertume, et les supporters de United font preuve d’une grande dignité et d’une émouvante chaleur en accueillant, applaudissant, chantant l’ancienne idole. C’est dans cette atmosphère particulière et chaleureuse que l’arbitre de la rencontre signale le coup d’envoi.

Bien logiquement, c’est United qui prend globalement le contrôle du jeu. La première mi-temps est globalement assez décevante, hormis une volée de Sammy McIloroy pour United enlevée sur la ligne par le Citizen Colin Barrett. La seconde période est assez peu différente : comme toute la saison durant, Manchester peine à transpercer le bloc adverse, et quand celui-ci est perforé, les locaux sont maladroits face aux cages. Bien en place, les Citizens s’offrent eux des opportunités offensives en contre-attaques et sur coups de pied arrêtés. Suite à un corner, Dennis Tuert reçoit ainsi le ballon à l’entrée de la surface et arme une frappe qui s’écrase sur la transversale de United.

Après 82 minutes de jeu, le score est toujours vierge : United n’a plus que dix petites minutes pour marquer. Pourtant, le cuir est à l’instant de l’autre côté du terrain. Après une percussion plein axe de Colin Bell, Francis Lee hérite du ballon, dos au but. Contrôle et départ à sa gauche. Une touche. Deux touches. Francis Lee percute balle au pied et réussit à se faufiler entre deux adversaires. Pourtant, plus il avance, plus il s’écarte du but, plus il se ferme l’angle. Il décide de passer le cuir à ras de terre vers le point de penalty. Avec une pointe de chance, le ballon réussit à se créer un chemin entre les trois défenseurs de United se trouvant à portée directe de Francis Lee. La suite semble inévitable. Denis Law, qui vient justement de couper la trajectoire de Lee par une course croisée, se retrouve au point de penalty, libre de tout marquage et le ballon roulant laborieusement en sa direction. Pourtant, Law a semble-t-il démarrer sa course trop tôt et se retrouve en avance sur le ballon. Qu’importe : le Ballon d’or 1964 plante son pied gauche d’appui dans le sol, et effectue une rotation de tout son corps vers la gauche. Le voilà dos au but, alors que le ballon arrivera dans la centième de seconde suivante. Ayant déjà anticipé, Law attend, jambe droite écarté et pied droit près à défourailler. Le cuir arrive enfin et roule devant son pied gauche toujours vissé dans la pelouse. C’est le moment de dégainer. Le timing est parfait. Law envoie une talonnade puissante – geste chanceux dira-t-il – qui tape plein cuir et catapulte la gonfle au fond des filets d’un Alex Stepney pantois. Pantois, Denis Law l’est tout autant. Un séisme vient frapper sous les yeux de la Stretford End ; l’Angleterre toute entière n’en croit pas ses yeux.

Denis Law réalise qu’il vient de condamner United à la descente en Second Division. Les Reds devaient gagner, les voilà battus et abattus, par son unique faute. Incrédulité générale. Que dire ? Que faire ? Rien. Il n’y a rien à dire. Il n’y a rien à faire. Law ne jubile pas, ne célèbre pas, ne souris pas. Il repositionne ses bras le long du corps. Sa mine est fermée, face vers le sol. Son visage transpire la gravité, et les quelques tapes de ses coéquipiers sur sa joue droite n’y change rien. Denis Law est triste, vidé, désespéré. L’historien David Goldblatt se remémore : « Law, his arms frozen by his side, rigid and unemotive, was mobbed by his new team-mates. » Frank McGhee du Daily Mirror, s’en souvient très bien lui aussi : « Quite simply, that was sadness. I have seldom seen a more poignant moment in sport captured on television than the expression on Law’s face after he had scored the goal that sealed his old side’s tomb. And I have never seen anyone having to be consoled rather than congratulated for scoring. All his life, Denis has loved goals. That one, even though it was a bit special, he hated. »

Aussitôt, des centaines de supporters de Manchester United descendent des gradins et envahissent la pelouse, l’objectif étant de faire abandonner le match pour qu’il puisse être rejoué, annulant ainsi un si terrible résultat pour le futur du club. Au milieu de la foule, Law reste immobile et imperméable. Il repousse même certains fans de City, ayant fait le chemin sur la pelouse pour le féliciter. Aussi insolite que cela puisse paraître, les supporters retournent pourtant en tribune, et le match peut reprendre.

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Tony Book décide alors de faire sortir Denis Law, toujours dans le même état de stupéfaction et de bouleversement. Sa mine est depuis le but restée figée ; la marche est pourtant plus dynamique, alors que l’Ecossais s’empresse de quitter la pelouse. Il s’agissait là de son dernier match de football professionnel. Cette talonnade lors du but restera comme étant sa dernière touche de balle dans le monde professionnel. Le match ne reprend que très peu de temps avant qu’une seconde invasion de terrain n’ait lieu (ci-dessus) : le match est cette fois abandonné à cause de la foule, une grande première. Le résultat est cependant maintenu : Denis Law vient de faire de Manchester United une équipe de seconde division, ce qui n’était pas arrivé depuis 37 années.

Rétrospectivement, le but est cependant moins important qu’il n’y paraît. Birmingham ayant battu Norwich, une victoire de Manchester United n’aurait de toute façon pas suffit à entretenir les espoirs de maintien.

Ceci dit, l’histoire retient que c’est bien Denis Law qui envoya Manchester United en Second Division. Plus tard, l’interessé en dira : « I just felt depressed, and that wasn’t like me. After 19 years of trying my hardest to score goals, here was one that I almost wished hadn’t actually gone in. I was inconsolable. I didn’t want it to happen. How long did the feeling last? How long ago was the game? Thirty-odd years. There is your answer. I played with all those guys. They were pals. I didn’t want them down. It was the last thing in the world that I wanted. »

Martin Buchan, défenseur de United est resté marqué à jamais par ce match : « I will never forget the look on Denis’s face. That’s etched on my mind and always will be. » Dennis Tuert, attaquant de Manchester City, analyse rétrospectivement : « As we all know, Denis Law scored the winner and thought he had sent United down. In that moment you saw the two sides of his character. You saw the instinctive, goalscoring predator, the man who was a privilege to play with and train with and learn from. Then – when he realised what he had done – you saw the man himself, the gentleman who didn’t want to hurt his old club. A sense of reality hit him. »

Rémi Carlu

Bibliographie :

Dunphy, Eamon, A Strange Kind of Glory, Sir Matt Busby & Manchester United (Aurum Press, 2007)
James, Gary, Football with a Smile – The Authorised Biography of Joe Mercer OBE (ACL and Polar Publishing, 1993)
Tossell, David, Big Mal: The High Life and Hard Times of Malcolm Allison (Mainstream, 2009)
Tossell, David, Tommy Doc (Mainstream, 2014)

Sitographie :

ESPN staff, The two sides of the Law (www.espn.co.uk, 19 septembre 2013)
Quigagne, Kevin, Saison(s) de merde: Man United 1972-74 (1/2), (cahiersdufootball.net /blogs/teenage-kicks, 17 décembre 2013)
Sportsmail Reporter, The derby goal that still haunts United legend Denis Law... 38 years on ( www.dailymail.co.uk, 26 Avril 2012)
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Interview – James Corbett, fondateur de la maison d’édition deCoubertin Books

Heristage vous propose grâce à ses interviews de découvrir d’autres manières d’appréhender et de transmettre l’histoire du football anglais. Nous sommes cette fois allés à la rencontre de James Corbett. Journaliste et écrivain, James Corbett a surtout créé en 2009 deCoubertin Books, une maison d’édition particulièrement concentrée sur la publication de livre sur le football. L’histoire du football y a ainsi une place prépondérante. Venez donc découvrir ce journaliste ambitieux et audacieux, qui nous présente ici deCoubertin Books, projet d’une vie, et ses avis sur l’histoire du football anglais.

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Brian Clough, de Derby à Leeds – Partie 2

Dans une série en deux parties, Heristage vous propose de se mettre sur les traces du légendaire Brian Clough. De sa riche et passionnante vie, c’est son passage de Derby à Leeds qui nous intéressera : entre performances sur le terrain et jeux de pouvoir en coulisse, force de caractère et rivalités exacerbées, retrouvez les grands moments qui ont marqué cette période cruciale de sa vie (été 1972 – été 1974).

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Interview – Paine Proffitt, peintre d’un football d’une autre époque

Heristage vous propose grâce à ses interviews de découvrir d’autres manières d’appréhender et de transmettre l’histoire du football anglais. Nous sommes cette fois allés à la rencontre de Paine Proffitt, un peintre aussi agréable qu’atypique. Américain vivant en Angleterre, Paine Proffitt s’attelle dans son travail à peindre le football d’une autre époque, football dont il est passionnément amoureux, tant pour en saisir la grâce innocente que pour pleurer son irréversible disparition. Venez donc découvrir cet artiste immensément talentueux et son travail remarquable, qui amorce d’ailleurs des réflexions larges sur le football anglais.

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Chronique – Herbert Chapman, tacticien révolutionnaire

Pour sa troisième chronique audio, Heristage s’intéresse à Herbert Chapman. Grand tacticien, il révolutionne le football en inventant le WM, système tactique qu’il façonne pour répondre à l’afflux de buts qu’avait provoqué le changement de règles du hors-jeu en 1925. Il révolutionne par ailleurs Arsenal, et est à l’origine de la domination du club sur le football anglais durant les années 1930s. 

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Sur les traces de Billy Liddell

‘Liddellpool’: voici le célèbre surnom accolé à Liverpool durant les années 1950. La raison ? Son génie écossais, Billy Liddell. Au cours d’une période marquée tant par la transition difficile post-guerre mondiale que par l’irrégularité chronique des Reds sur les pelouses, Billy Liddell est la constante qui rassure, qui réconforte, qui ravit. Depuis son aile gauche, il est celui qui sait faire lever Anfield, supporteurs locaux comme visiteurs, en toutes circonstances ; 500 matchs plus tard, il faisait ses révérences à un antre qui lui avait depuis longtemps et de manière indiscutable accordé le statut de légende vivante.

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Brian Clough, de Derby à Leeds – Partie 1

Dans une série en deux parties, Heristage vous propose de se mettre sur les traces du légendaire Brian Clough. De sa riche et passionnante vie, c’est son passage de Derby à Leeds qui nous intéressera : entre performances sur le terrain et jeux de pouvoir en coulisse, force de caractère et rivalités exacerbées, retrouvez les grands moments qui ont marqué cette période cruciale de sa vie (été 1972 – été 1974).

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Sunderland, devenu un temps ‘The Bank of England Club’

‘The Bank of England Club’ est un surnom fréquemment donné dans le football anglais à un club aux capacités financières largement supérieures à celles de ses adversaires. Si Arsenal durant les années 1930 ou Everton à la fin des années 1960 se sont vus accolés le sobriquet, Sunderland l’a tout aussi bien porté une décennie durant. Les Rokerites devenaient ainsi à l’aube des 1950s ‘The Bank of England Club’, au travers d’une expérience loin d’être inédite bien que régulièrement infructueuse: dépenser massivement pour emporter le titre.

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