Sur les traces de Billy Liddell

‘Liddellpool’: voici le célèbre surnom accolé à Liverpool durant les années 1950. La raison ? Son génie écossais, Billy Liddell. Au cours d’une période marquée tant par la transition difficile post-guerre mondiale que par l’irrégularité chronique des Reds sur les pelouses, Billy Liddell est la constante qui rassure, qui réconforte, qui ravit. Depuis son aile gauche, il est celui qui sait faire lever Anfield, supporteurs locaux comme visiteurs, en toutes circonstances ; 500 matchs plus tard, il faisait ses révérences à un antre qui lui avait depuis longtemps et de manière indiscutable accordé le statut de légende vivante.

Billy Liddell naît le 10 janvier 1922 à Townhill, près de Dunfermline dans le centre de l’Ecosse ; il vit comme beaucoup de footballeurs une enfance délicate, non pas par manque d’amour mais bien à cause d’une situation précaire: parents d’une famille nombreuse, James et Montgomery Liddell ont des difficultés à remplir l’assiette des enfants et n’ont d’autres choix que d’imposer un régime alimentaire rudimentaire fait de pain, de chou et de porridge à leur progéniture. Mais malgré ces difficultés financières, les Liddell réalisent un sacrifice financier en offrant une paire de crampons à Billy pour Noël lorsqu’il a 7 ans – son destin est en marche. Depuis quelques temps déjà, le jeune Billy a contracté le virus du football, qu’il exerce parallèlement à sa scolarité et au rugby pour diverses équipes locales et, déjà plus doué que la plupart des joueurs de sa génération, il obtient dès l’âge de 16 ans un contrat avec Lochgelly Violet Football Club.

Arrivée à Liverpool et déclenchement de la Guerre

George Kay

Le 27 juillet 1938, Billy Liddell déménage en Angleterre et signe un contrat amateur avec Liverpool. La genèse du transfert est particulièrement rocambolesque, puisque Liddell le doit à Matt Busby, célèbre pour son association avec Manchester United après la guerre. Pourtant, à l’époque, Matt Busby est joueur et capitaine de Liverpool, débarqué en 1936 de Manchester City où il venait de passer huit années. Bien évidemment, il avait gardé des contacts avec ses anciens coéquipiers qu’ils continuent de voir, dont Alex Herd ; il raconte: « One day Alex [Herd] did not turn up for his round and when I went in search of him I was told that he had taken Willie McAndrew, the Hamilton Academicals manager, in his car to see a boy called Liddell playing football for Lochgelly Violet ». Impressionné, Willie McAndrew essaye de signer Liddell pour Hamilton, en vain. « When Alex told me the story, I telephoned (manager) George Kay at Anfield, and suggested he might succeed where Hamilton had failed. » Bien vite, le recruteur Johnny Dougary est dépêché sur place pour observer le joueur, puis c’est une délégation formée par Billy McConnell – membre du comité directeur de Liverpool – et George Kay (ci-dessus) – entraîneur des Reds – qui se rend chez les Liddell pour signer le jeune prodige. Les parents obtiennent du club qu’il permette à Liddell de poursuivre ses études de comptabilité, qu’il le loge et qu’il lui trouve un emploi à temps partiel dans la ville, différents points sur lesquelles Hamilton avait échoué. Il est ainsi parallèlement embauché à Simon Jude & West.

rafimagea5Seul joueur de Liverpool a exercé deux emplois simultanément, il trouve rapidement son rythme et s’entraîne deux fois par semaine. Les premiers mois sont cependant difficiles: en équipe de jeunes, Liddell est frustré par la politique de rotation menée par son entraîneur, avant de se blesser gravement au genou – sur un contact avec le béton derrière un poteau de corner – dans un match face à Blackburn, blessure qui ne met pourtant pas en cause la suite de sa carrière contrairement à ce que pensaient à première vue les médecins. À l’orée d’une nouvelle saison 1939-1940, la Seconde Guerre Mondiale explose en septembre. Liddell s’apprêtait ainsi à faire partie de la génération de footballeurs dont la carrière serait, sinon sacrifiée, du moins gâchée par un terrible conflit. La saison est en effet suspendue le 8 septembre après trois matchs de championnat ; à la place sont organisées par la Football Association (FA) des ligues régionales. Un nombre important de footballeurs s’engagent – 629 au total, dont 514 dans la British Army, 84 dans la Royal Air Force et 31 dans la Royal Navy -, les équipes aligneront ainsi un nombre important de joueurs invités le temps de la guerre.

Billy Liddell rejoint lui la Royal Air Force et est envoyé dans un camp d’entraînement à Cambridge. Durant la guerre, s’il joue donc pour différentes équipes – Cambridge, Chelsea et Dunfermline Athletic –, il évolue essentiellement pour Liverpool. Il fait ses débuts lors d’une victoire 7-3 face à Crewe Alexandra le jour de l’an 1940, et marque en tout et pour tout 82 buts en 152 rencontres entre 1940 et 1946. Il confirme ainsi durant la période tout son potentiel, ce qui pousse un journal à titrer dès 1940: « Liddell is war’s best find ». Cette période le voit aussi faire ses débuts internationaux : s’il effectue huit rencontres sous les couleurs de l’Écosse, c’est sa première à Hampden Park face à l’Angleterre le 18 avril 1942 qui marque les esprits. Dans une équipe composée notamment de Bill Shankly et Matt Busby, c’est Billy Liddell qui attire l’attention des media après une brillante prestation, marquant l’un des buts d’une victoire 5-4. Enfin, il passe quelques mois au Canada, dans le camp d’entrainement de Manitoba pour devenir pilot officer navigator. Il y joue sous un faux nom pour Toronto Scottish, et marque notamment un doublé en demi-finale de play-offs ; il rentre pourtant au pays avant la finale.

L’exploit de 1946-1947

En mai 1945, le conflit mondial prend fin ; pourtant, et contrairement à la France, le déroulement footballistique ne reprend pas son cours habituel outre-manche. En effet, malgré le lobby de plusieurs clubs dont Wolverhampton qui souhaitent une reprise immédiate du championnat, la Football League décide le 25 juillet que les ligues régionales se poursuivront durant la saison à venir. Seul la FA Cup, organisée exceptionnellement en match aller-retour pour offrir plus de spectacle, redémarre de façon normale. C’est ainsi dans cette compétition – finalement emportée par Derby – que Billy Liddell effectue ses débuts officiels pour l’équipe première des Reds, en janvier 1946 face à Chester City, il est d’ailleurs auteur d’un but dans une victoire 2-0. En North League, il inscrit 17 buts en 42 rencontres. Cette saison de transition terminée, la Football League First Division est sur le point de reprendre ses droits pour l’édition 1946-1947, avec les équipes qui la composaient au déclenchement de la guerre, dont Liverpool.

Cette nouvelle saison qui s’annonce n’est bien évidemment pas comme les autres ; il faut bien comprendre qu’elle est la première véritable saison de football depuis sept années. war-damage2Bien évidemment, la population est encore largement affectée par les conséquences de la guerre: les survivants reviennent à peine du front quand les sacrifiés ne peuvent plus qu’être pleurés. Contrairement au premier conflit mondial, celui-ci avait plus largement touché la population par les multiples bombardements qui ont laissé certaines villes dans un piteux état (Lord Street à Liverpool ci-contre). La vie reprend ainsi péniblement son cours – les reconstructions commencent alors que le rationnement alimentaire se poursuit – ; la nouvelle saison de football doit donc égayer les visages et chasser des mémoires chaque samedi les états d’âmes d’un pays encore meurtri.

Si Liverpool s’envole pour les Etats-Unis en pré-saison 1946 afin d’échapper au rationnement, Billy Liddell ne peut suivre ses coéquipiers : il doit encore servir la Royal Air Force, ce qui lui fait par ailleurs manquer les deux premières rencontres de la saison. Il effectue ses débuts en championnat le 7 septembre, marquant un doublée dans une victoire 7-4 face à Chelsea, et intègre une équipe largement formée avant la guerre – hormis les arrivées onéreuses en 1946 du gardien Sidlow et du buteur Stubbins permises par la complicité entre l’entraîneur George Kay et le membre du comité Billy McConnell. Jusque fin novembre, les choses se passent plutôt bien pour les Reds, qui n’ont été défaits qu’à deux reprises. Si la défense se montre irrégulière, alternant clean-sheets et journées portes ouvertes, l’attaque tourne particulièrement bien avec 38 buts marqués en 16 rencontres. Jack Balmer résume parfaitement cette efficacité offensive, ayant réussi l’incroyable exploit d’inscrire trois hat-tricks de suite courant novembre ; du crédit doit être donné à George Kay pour cette performance, puisque critiqué par la foule, l’attaquant s’était vu avant l’exploit donné le brassard de capitaine par son entraîneur en signe de soutien. Liverpool (ci-dessous), à la surprise générale puisque promis à une place dans le ventre mou du championnat, s’est invité parmi les premières places du classement.

1946-1947

Dans une saison déjà très spéciale, et marqué par le danger permanent de grèves de la part des joueurs à cause de faibles salaires, l’hiver 1947 fait des caprices et choisit sur un coup de tête d’être le plus rude depuis trois siècles au Royaume-Uni. Les pelouses sont des mois durant totalement gelées, et les joueurs doivent évoluer dans des conditions particulièrement difficiles quand les matchs ne sont pas annulés : la saison ne prendra ainsi fin qu’à la mi-juin ! C’est dans ces conditions qu’au tournant de l’année, Liverpool traverse une mauvaise passe après Noël, avec cinq défaites en huit rencontres. Une excellente série de cinq victoires d’affilée en février et mars permet cependant aux Reds de se repositionner dans la course au titre, particulièrement disputée d’ailleurs. En FA Cup, Liverpool écarte Birmingham City en quart de finale à Anfield sur le score de 4-1, dont notamment le célèbre ‘Goal in the snow’ marqué par Alex Stubbins d’une tête plongeante sur un centre de Billy Liddell. Outre une élimination en demi-finale de Cup par Burnley, Liverpool recommence à perdre des plumes en championnat courant avril, et peu nombreux sont les spécialistes qui donnent une chance aux Reds à l’entame de la dernière ligne droite du championnat, qui se clôturera d’ailleurs pour les pensionnaires d’Anfield par cinq déplacements lors des six dernières rencontres. Le sprint final – entre le Liverpool de George Kay, le Manchester United de Matt Busby, le Wolverhampton de Ted Vizard et le Stoke de Bob McGrory – est lancée.

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Les Reds closent magnifiquement leur saison par une série de huit rencontres invaincues, dont sept victoires parmi lesquelles les scalps de deux concurrents: Manchester United le 3 mai et Wolverhampton le 31 pour leur dernière rencontre. L’édition 1947 est dès lors terminée pour les Reds: les buteurs Stubbins et Balmer terminent tous deux la saison avec 24 buts, Liddell en a lui marqué sept en 34 rencontres depuis son aile gauche. Pourtant, il faut attendre la mi-juin pour connaître le vainqueur final. Si le 14 juin 1947, Liverpool affronte Everton à Anfield en finale de la Senior Cup – compétition secondaire disputée par les clubs de la Merseyside -, Stoke City se rend à Sheffield United pour le match du titre, les Potters sont pourtant défaits sur le score de 2-1. A au cours d’une rencontre à Anfield – qu’emportera Liverpool -, le résultat est annoncé via les haut-parleurs : à la surprise générale, Liverpool emporte le titre 1946-1947, le 5ème de son histoire. Liddell raconte: « The last ten minutes were a mere formality, for the news had been given over the loud-speakers that Stoke had been defeated and the title was ours. The crowd didn’t care two straws what happened after that. All they wanted was the final whistle, so they could come swarming over the ground from the Kop and Kemlyn Road and carry us off the field. It was a scene of amazing enthusiasm. » (ci-dessous les Reds recevant leur médaille des mains du président de la Football League, William Cuff, en janvier 1948).

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Déclin et loyauté

Les deux saisons suivantes sont assez peu excitantes: si sur le point individuel Billy Liddell confirme son immense talent – et fait désormais parti de la sélection nationale écossaise -, l’équipe retrouve une place qui lui était une année plus tôt attribuée par les commentateurs, les Reds finissant successivement 11ème et 12ème de Football League First Division. Liddell marque 11 puis 9 buts, et se démarque par sa polyvalence puisqu’il est utilisé en cas de nécessité sur les différents postes du front de l’attaque, en plus du poste d’arrière gauche. La saison 1949-1950 voit Liverpool retrouver un niveau de tout premier rang ; les Reds débutent ainsi la saison par une série de 19 rencontres sans défaite, un record à l’époque. Au vendredi saint – le 7 avril 1950 -, Liverpool est même en tête du championnat! Sur le point de rééditer l’exploit? Pas vraiment, puisque les coéquipiers de Liddell perdent quatre de leurs cinq dernières rencontres et voient ainsi le titre prendre la direction de Portsmouth pour la deuxième saison de rang. Malgré cette déception, Liverpool décroche cette même saison sa première apparition à Wembley et affronte Arsenal à Wembley pour la finale de la FA Cup le 29 avril 1950 (ci-dessous, serrant la main au Roi George VI).

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Cette finale marque officieusement le clap de fin pour George Kay. Fin tacticien et excellent meneur d’hommes, il a toujours mis un point d’honneur à traiter ses joueurs avec respect, sympathie et générosité. Pourtant, d’un point de vue personnel, il a depuis sa prise de position des  difficultés à faire face à la pression. Le stress engendré par les prises de décisions et les attentes le ronge de l’intérieur, et annoncer à un joueur qu’il ne jouera pas la rencontre suivante s’avère par exemple être une épreuve difficile pour un entraîneur qui se préoccupe du bien-être de ses hommes. Shankly expliquera ainsi plus tard qu’avant une rencontre, Kay « … didn’t speak. He just went round touching people on the shoulder. If he touched you then you were playing ». Avant cette finale, il doit annoncer à Bob Paisley qu’il ne jouera pas la rencontre, une épreuve difficile, et sa situation médicale l’empêche même de diriger son équipe à Wembley. La rencontre bascule elle dans le mauvais sens: le maître à jouer Billy Liddell est la cible d’interventions très physiques Alex Forbes – il dira au journaliste Brian Glanville qu’il n’arrivait pas à enfiler une simple veste le lendemain – ; Liverpool déjoue et s’incline 2-0.

Six mois plus tard, George Kay (ci-contre) annonce sa démission aux dirigeants de Liverpool, après plusieurs mois passés à l’hôpital. Le stress aura gravement détérioré sa santé, et sera la cause principale de son décès le 18 avril 1954. A cette date, Liverpool ne va pas mieux que son ancien entraîneur, et si Billy Liddell surnage, le bateau coule saison après saison sous les ordres de Don Welsh. Le 17 avril 1954 – ironiquement la veille du décès de Kay -, Liverpool est défait par Cardiff à Anfield sur le score de 1-0, et est officiellement relégué en second Division. Meilleur buteur de Liverpool lors de quatre des huit saisons passées en First Division, Billy Liddell attire logiquement les convoitises ; il refuse pourtant par loyauté de quitter son club de toujours, comme il l’avait déjà fait en 1950 suite à une offre mirobolante venue de Colombie, et ce alors qu’en Angleterre la loi du salaire maximum empêche des joueurs d’être payés plus de £20/semaine.

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Le chemin de croix en Second Division débute par une saison difficile, dominée durant une bonne partie par la crainte d’une seconde relégation de suite. Pourtant, le repositionnement de Billy Liddell en attaque aux côtés de John Evans propulse les Reds: ils marquent respectivement 30 et 29 buts en championnat et permettent à Liverpool d’éviter la catastrophe, même si la 11ème place en Second Division marque le pire classement final de l’histoire du club. Les saisons suivantes voient Liverpool devenir un véritable prétendant à la promotion, que ce soit sous les ordres de Don Welsh ou de Phil Taylor à partir de l’été 1956 ; pourtant à chaque fois les Reds échouent. Sur le plan personnel, Billy Liddell cartonne et continue d’empiler les buts – 32, 21 et 23 toutes compétitions confondues entre 1955 et 1958 (ci-dessus en 1957) – en plus de porter le brassard de capitaine et d’être devenu le recordman d’apparitions pour Liverpool, dépensant les 430 matchs d’Elisha Scott. Il est par ailleurs encore appeler à diffèrentes reprises à jouer pour l’équipe nationale écossaise.

testimonialA partir de la saison 1958-1959, son temps de jeu décline, et s’il continue de marquer – 14 buts en 19 rencontres -, son empreinte sur un Liverpool qui lutte toujours sans réussite pour la montée est bien moins importante. La saison suivante marque véritablement la fin pour Liddell, qui subit une grave blessure le tenant éloigné des terrains quatre mois durant. A son retour, l’entraîneur Phil Taylor a été remplacé par Bill Shankly. Ce dernier lance d’ailleurs Liddell dans son équipe à son retour de blessure en février ; en avril face à Bristol Rovers, Shank lui préfère pour la première fois le jeune Ian Callaghan: l’histoire est en marche puisque Callaghan sera le successeur de Liddell, et dépassera son record du nombre de matchs joués pour Liverpool. Sa seule apparition en août durant la saison 1960-1961 lui permet de devenir le plus vieux joueur à avoir évolué sous les couleurs de Liverpool – 38 ans de 224 jours, record battu par Kenny Dalglish en 1990. Après 23 ans au club, un match testimonial est évidemment organisé (ci-dessus) en septembre et rassemble près de 38.789 spectateurs. En avril 1971, après une saison passée en réserve et une carrière qui ne le vit emporter que le titre de 1947, Billy Liddell tire sa révérence. Liverpool retrouvera la First Division dès la saison suivante.

Bill Shankly: « Liddell was some player… He had everything »

Devenu recordman du nombre d’apparitions pour Liverpool 534 rencontres disputées, Billy Liddell était assurément devenu une légende, et ses 228 buts marqués reste à ce jour la quatrième marque de l’histoire du club. Il est par ailleurs le joueur le plus âgé à avoir marqué pour Liverpool.

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Ultra-complet, Billy Liddell est un ailier gauche très puissant et rapide. Capable de percuter sur l’aile balle au pied et remarquable finisseur ambidextre, Liddell est un atout certain dès lors qu’un ailier aussi complet est rare à l’époque et difficilement défendable. Bill Shankly résume parfaitement le profil du joueur: « Liddell was some player… He had everything. He was fast, powerful, shot with either foot and his headers were like blasts from a gun. On top of all that he was as hard as granite. What a player! He was so strong – and he took a nineteen-inch collar shirt! » Quand Liddell reçoit le ballon, c’est tout un stade qui retient son souffle – supporters locaux et visiteurs compris -: les chants s’interrompent, chaque supporter se concentrant sur Billy Liddell. Qu’allait-t-il faire ? Frapper puissamment vers le but, déborder tout en vitesse ou percuter vers l’axe du terrain ? Tous les regards se concentrent vers l’Ecossais, chaque individu prêtant bien attention à ne rien rater du spectacle imminent. Le Kop est déjà sur la pointe des pieds – cuisses contractées, bras dégagés et gorge raclée -, prêt à bondir au premier geste du génie écossais. Une idole, tout simplement. Plus tard dans sa carrière, concomitamment au déclin logique de ses qualités physiques, Liddell modifie intelligemment son jeu en adoptant un jeu de passe plus réfléchi et exécuté depuis plus bas sur le terrain.

1952

Son successeur Ian Callaghan – élément central de Liverpool tout au long du règne de Bill Shankly – avouera plus tard son admiration pour Billy Liddel: « Billy was my idol when I was at school and it was fantastic to take over from him. I had so much respect for him. Great man – He was a god in Liverpool. I took over from him on the wing and he finished playing not long after that. When I went to my first professional football match it was Liverpool. When Billy got the ball the anticipation from the crowd was just huge. What is he going to do with it? Is he going to shoot from 30 yards or take it past people? He was wonderful. Billy played with a heavy ball on the heavy pitches. The way he used to kick the ball, wow! He was so strong. »

A l’heure de sa retraite, Billy Liddell n’a lui d’yeux que pour sa ville adoptive, Liverpool: « It has often been said that there is no sentiment in football, but I believe that my career, at least, has proved that wrong. Every Scot is proud of his heritage, but I am equally proud to know that in the city of my adoption I am accepted as a fellow-Liverpuldian. It hardly seems 22 years since I was being warned about the « terrible » city which has meant so much to me. I cannot recall who said that a city is not just bricks and mortar and fine buildings, it is the people in it, but it expresses what I think. I would like to take the opportunity of thanking the much-maligned Liverpool supporters for the encouragement they have given to me. I have always been happy at Anfield for I know we have the staunchest bunch of supporters in the land. »

Rémi Carlu

Bibliographie:

Keith, John, Billy Liddell, The Legend who carried the Kop (Robson Books, 2003)
Shaw, Garry et Platt, Mark, At the End of the storm, The remarkable story of Liverpool FC’s greatest ever title triumph – 1946-1947 (Gary Shaw, 2009)

Sitographie:

Horton, Steve, ‘The goal in the snow (1946-47)’ (www.liverpoolway.co.uk, 4 novembre 2013)
Hughes, Ronnie, ‘Post war Liverpool: The importance of Billy Liddell’ (www.asenseofplace.com, /)
Jones, Neil, ‘Man Utd icon Matt Busby’s role in bringing Liverpool FC legend Billy Liddell to Anfield’ (www.liverpoolecho.co.uk, 28 avril 2011)
McKay, Andrew, ‘Star-Crossed Champion – the Tragedy of George Kay’ (www.tomkinstime.com, mai 2014)
Liverpool Echo, ‘At the End of the Storm - new Liverpool FC book recalls the ultimate season of triumph over adversity’ (www.liverpoolecho.co.uk, 5 janvier 2010)
www.liverpoolfc.com
www.lfchistory.net
www.wikipedia.org

Crédits photos:

www.thisisanfield.com, DR
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www.youtube.com, ExiledInNewcastle
www.dailymail.co.uk, Empics Sport
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www.lfchistory.net, Charles Buchan’s Football Monthly

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