Brian Clough, de Derby à Leeds – Partie 1

Dans une série en deux parties, Heristage vous propose de se mettre sur les traces du légendaire Brian Clough. De sa riche et passionnante vie, c’est son passage de Derby à Leeds qui nous intéressera : entre performances sur le terrain et jeux de pouvoir en coulisse, force de caractère et rivalités exacerbées, retrouvez les grands moments qui ont marqué cette période cruciale de sa vie (été 1972 – été 1974).

Partie 1 – De l’été 1972 à l’été 1973 : apogée et déception

Lundi 8 mai 1972, Bahia hotel, Cala Millor, Majorque, Espagne. Les joueurs de Derby County – hormis les deux défenseurs Roy McFarland et Colin Todd, alors appelés en sélection – sont réunis, en vacances. A leur côté, Peter Taylor, fidèle assistant de Brian Clough, qui s’en est lui allé aux Îles Scilly, à l’ouest des Cornouailles, avec ses parents, sa femme Barbara et ses enfants, famille qui avait toujours joué un rôle central dans sa vie, et qui le jouerait d’ailleurs jusqu’à la fin de ses jours. Derby a clos sa saison le lundi précédent, par une brillante victoire 1-0 au Baseball Ground face à Liverpool ; cette victoire a d’ailleurs propulsé les Rams en tête du championnat, devançant l’inusable Leeds United de Don Revie, et ce même Liverpool, alors mené d’une main de maître par le charismatique Bill Shankly. Pourtant, les bookmakeurs ne cotent une victoire finale de Derby qu’à 8/1 : il reste en effet à ses deux adversaires une rencontre à jouer. Si le samedi 6, Leeds emporte la FA Cup, il reste aux Whites une rencontre à jouer le lundi suivant à Wolverhampton : un nul suffirait à ramener le titre du côté d’Elland Road. En cas de défaillance de Leeds, c’est Liverpool qui pourrait rafler la mise en cas de victoire à domicile contre Arsenal, ce même lundi 8 mai. Face à un possible scénario rocambolesque, Clough et Taylor ont donc décidé d’emmener leurs joueurs à l’étranger pour vivre sereinement le dénouement de cette dernière journée.

Une saison 1971-1972 historique

Toute la saison durant, Derby n’a pas été considéré comme un potentiel vainqueur. Il faut dire qu’une mauvaise série de prestations à l’extérieur entre octobre et décembre, avec cinq défaites en six déplacements, avait fait prendre du retard aux Rams ; cette mauvaise série s’était d’ailleurs close par une lourde défaite 3-0 à Leeds, qui prenait toujours un malin plaisir à rappeler aux troupes de Clough qu’elle était la force dominante du football anglais. Pourtant en terme de style de jeu, Derby n’a rien à envier à qui que ce soit. Archie Gemmil raconte dans son autobiographie: « When we lost possession, everybody was expected to go behind the ball as swiftly as possible to make it difficult for opposition to play through us. When we regained the ball, it was a case of all hands to the pump going forward, getting as many white shirts into the opposing penalty area as we could. We played a discipline 4-4-2 ». Utopiste, Clough réclame un jeu au sol – il dira un jour que si Dieu avait voulu que l’on joue en l’air, il y aurait mis de l’herbe – et du mouvement constant. Le jeu de passe doit être propre, tout comme le comportement des joueurs sur le terrain, et doit tout autant faire gagner l’équipe que divertir les supporters (troisième meilleure attaque cette saison-là). En défense, il utilise un stoppeur et un relanceur – McFarland et Todd respectivement – pour construire depuis l’arrière. La solidité défensive est primordiale chez Clough, qui adore obtenir des clean-sheets (troisième meilleure défense cette saison-là). Enfin, l’équilibre de l’équipe est primordial: le 4-4-2 (ci-dessous) ressemble dans les faits plutôt à un 4-3-3 avec un Hinton offensif et buteur à gauche, et un milieu à trois dans lequel McGovern compense les instincts offensifs de ses compères. Une brillante série entre février à avril – huit matchs invaincus, sept victoires, 6 clean-sheets – avait notamment replacé l’équipe dans la course au titre. Première en ce 8 mai 1972, elle ne maîtrisait pourtant plus son destin.

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A la mi-temps, Derby est toujours virtuellement champion, puisque Liverpool est tenu en échec alors que Leeds est mené par Wolverhampton. A Majorque, Peter Taylor est au téléphone avec des reporters anglais qui le tiennent au courant des résultats. À la reprise, Leeds donne tout mais se fait surprendre à 23 minutes du terme alors que Liverpool n’a toujours pas marqué : Derby reste premier. Pourtant, Bremner réduit la marque pour les Whites et fait trembler Derby ; Wolverhampton résistera cependant aux nombreux assauts pour emporter une victoire surprise. A Anfield, John Toshack se voit injustement refuser un but pour hors-jeu, et Liverpool est tenu en échec. A Majorque, Peter Taylor lève le bras et crie: « We’ve won it ! We’ve won it ! ». Les dieux du foot étaient avec les Rams ; Derby devient champion d’Angleterre 1971-1972. Les joueurs célèbrent (ci-dessous). Aux Îles Scilly, Clough sabre le champagne en famille, et jubile: « I do not believe in miracles, but one has occured tonight. I believe they played four-and-a-half minutes of injury-time at Molineux – it seemed like four-and-a-half years to me. For a team and a town like Derby to win the title is a credit to all concerned ». Lui qui était arrivé à Derby en 1967 – alors club de Second Division -, lui qui avait patiemment façonné de ses mains et à la sueur de son front une petite équipe de province à son image pouvait exulter, et apercevoir dans les yeux de sa mère, figure centrale de sa vie, « an extra little sparkle as we sipped the champagne and enjoyed the moment ». Il venait de réussir ce que Shankly et Revie avaient fait avant lui, et rien n’empêchait alors de penser que ce succès serait durable.

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Saison 1972-1973: la Coupe d’Europe, enfin!

Pourtant, le début de saison suivante est délicat : en huit matchs, Derby n’engrange que six points et ne marque que six buts, alors que Clough commet une erreur politique en s’en prenant ouvertement aux fans critiquant l’équipe. En effet, Clough a besoin du soutien des fans pour que le rapport de force avec son président Sam Longson soit en sa faveur, une nécessité alors que leur relation se dégrade. En effet, Longson ne parvient pas à contrôler son entraîneur impétueux, critique son omniprésence médiathèque – participation à de nombreuses émissions tel The Big Match sur ITV avec Brian Moore (ci-dessous) – et essaye tant bien que mal de contenir sa jalousie envers Clough à qui seul les lauriers sont décernés pour le succès du club. Clough lui, connu pour son amour propre et sa fougue, ne respecte pas la hiérarchie interne et prend un malin plaisir à outrepasser les procédures, comme lorsqu’il a dépensé au début de saison £250.000 pour l’arrière gauche David Nish, un record. De ce début de saison morose, une défaite début octobre face à Leeds à Elland Road sur le score de 5-0 est la plus embarrassante.

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Le parcours de Derby en Coupe d’Europe est a contrario excellent : les Rams écartent par exemple le grand Benfica en octobre 1972 sur le score de 3-0 – match qui est d’ailleurs le cadre d’une célèbre anecdote de Clough. Venu à minuit la veille de la rencontre au Baseball Ground pour arroser la pelouse et la rendre boueuse pour limiter le jeu des Portugais, Clough raconte s’être endormi. Une heure plus tard à son réveil, il est trempé et avec « enough water on that ground to have staged an Olympic diving event ». Le lendemain, Bob Lord est accompagné du président de la FIFA, l’Anglais Stanley Rous, à qui il présente Clough. Rous s’étonne évidemment de l’état de la pelouse alors qu’il n’a pas plu, et si Lord est  bien embarrassé, Clough s’amuse et justifie: « You’ve not heard of the Trent valley peculiarity, known by the Met Office as Trent pressure ? Well, it’s well known by the farmers. We get sudden downpours, you see. It’s to do with the low pressure and humidity from the river Trent – and the Derwent, come to that. The water table under the pitch is lower than that in the street, so we can’t drain off, you see. In fact, we’re famous to be in the mire! ». Comme pour toutes les anecdotes à propos de Clough, on peut se demander quelle est la part de vérité, ou simplement la prendre pour argent comptant et s’amuser de la sournoiserie du génie anglais.

D’ailleurs, un autre épisode permet de saisir la grandeur du génie humain qu’était Brian Clough. Après le match retour face à Benfica – clos sur le score de 0-0 et notable pour l’utilisation d’une défense à trois -, l’équipe se rend en ville pour dîner. Au beau milieu du repas, Clough interpelle brutalement son défenseur Colin Todd: « Hey Toddy ! I don’t like you and I don’t like your missus either! ». Choquante à première vue, cette interpellation est pourtant toute réflechie: Clough et Taylor ont pris l’habitude d’enquêter sur la vie privée de leurs joueurs pour découvrir leurs points faibles. Pourtant, rien sur Todd, homme a priori calme, réfléchi, sans histoire. Jugé trop lisse, Clough souhaite voir le joueur s’affirmer et multipliait depuis deux semaines déjà les attaques à son rencontre ; n’ayant pas apprécié l’interpellation à l’encontre de sa femme, Todd se décide enfin le lendemain du match à aller voir Clough dans son bureau pour lui faire part de son mécontentement. Et si le défenseur vide enfin son sac, Clough le regarde, calme et tout sourire – avec à coup sûr ce regard vif dans lequel plongeait la lumière avant de s’y trouver reflétée ; avec en somme une expression faciale transpirant toute la malice d’un personnage qui une fois de plus avait obtenu ce qu’il désirait. Enfin, Todd s’affirmait, se défendait. D’ailleurs, à peine l’entretien terminé, Clough envoyait un bouquet de fleurs à la femme du joueur : il avait réussi son coup.

Clough et Taylor, une relation compliquée

Le samedi 18 novembre, Derby emporte une rencontre cruciale à West Ham qui boostent la confiance des Rams ; ces derniers enchaînent de bonnes prestations – dont une démolition 5-0 d’Arsenal au Baseball Ground –, pourtant couplées à quelques contre-performances qui limitent les ambitions du club: à la nouvelle année, si les Rams sont à 11 points du leader Liverpool, les médias pensent cependant que le titre est encore à portée des hommes de Clough et Taylor. Il est important de remarquer qu’à ce moment précis, la relation entre les deux hommes est tendue: une nouvelle dispute pousse Taylor à s’éclipser 92cdd48c278050bf9e40801dea8771cependant 10 jours, période durant laquelle Clough aurait réclamé son licenciement. Là encore, l’égo a une grande part dans l’altercation: le duo semble plus que jamais déséquilibré alors Taylor souffre d’un manque de reconnaissance, tant de la part du grand public que de la part de Sam Longson – qui ne remarque que difficilement son apport au club, ce qui justifiera une hausse de salaire pour Clough que ne connaîtra pas Taylor. Pourtant, Clough a besoin de Taylor tout autant que le second a besoin du premier: excellent quand il s’agit de repérer des joueurs, Taylor s’occupe des entraînements et se charge de contrebalancer les humeurs de Clough. Lorsque ce dernier explose, il est celui qui vient poser sa main sur l’épaule du joueur pour le réconforter, l’amuser, l’encourager. Clough lui est évidemment le moteur du club: son courage, son énergie et sa détermination en font un atout majeur dans les médias comme dans le vestiaire. Charismatique au possible, il maîtrise la psychologie du genre humain et motive ses troupes comme personne d’autres dans le pays. À l’habileté politique certaine, il est celui qui se charge du rapport de force avec un board manquant à son goût d’ambition, et se charge bien évidemment sur la pelouse de retranscrire ses utopies dans une équipe jouant au football comme il se doit d’être joué. Ensemble, il forme un duo complémentaire et imbattable (ci-dessus).

Début février, la Cup démarre en fanfare avec la réception de Tottenham ; après un nul à l’aller, les Rams s’en vont décrocher une victoire 5-3 à White Hart Lane en prolongations. Là encore, Clough est à son apogée. D’abord à la pause, quand son équipe est menée 2-0 et qu’il lance à son milieu de terrain Hennessey, auteur d’une première période délicate : « We only have Ally on the bench ! » ; ce même Ally – Alan Durban -, furieux du commentaire, entre plus tard en cours de jeu et réalise une superbe prestation, bien décidé à faire mentir son entraîneur. Ensuite, à la fin du temps réglementaire lorsque le score est de 3-3: si le staff de Tottenham se précipite sur la pelouse, Clough et Taylor restent assis bien sagement sur le banc, assez confiants pour se passer de toutes consignes. L’opération est un succès, puisque les Rams marquent par deux fois en prolongations.

Clough et Revie, une adversité enflammée

Le mois de mars – et une double confrontation face à Leeds – marque le grand tournant de la saison de Derby. Tout d’abord le 2, les Rams sont vaincus 3-2 à domicile par les hommes de Don Revie, dans un match résumant parfaitement la forte rivalité entre les deux équipes avec  55 fautes sifflées et deux pénaltys accordés ; le 16 ensuite, qui voit l’élimination de Derby en FA Cup par ce même Leeds sur le score de 1-0 (ci-dessous, The Yorkshire Evening Post). Inutile de préciser que la rivalité entre les deux clubs est une rivalité de personne, en Clough et Revie. Les deux hommes – aux origines sociales similaires – se détestent, Cloughie se faisant le porte-voix des accusations de tricheries à l’encontre de Leeds. Ses tirades dans la presse contre les hommes de Revie font alors foison et fustigent le style de jeu de Leeds. Pourtant, il est intéressant de noter que Clough – alors en deuxième division avec Derby – a longtemps été un grand admirateur de Revie. Plusieurs théories expliquent ce changement d’attitude: d’abord celle du journaliste Duncan Hamilton, auquel Clough aurait expliqué un jour avoir découvert que Don Revie avait des arrangements avec les arbitres – il se serait rendu à Elland Road pour y voir l’entraîneur de Leeds, et caché derrière la porte, aurait entendu l’arbitre lancer: « Was that alright for you, Mr Revie ? » -, ou celle de Jeff Powell du Daily Mail, qui avait une excellente relation avec les deux hommes et qui explique que l’antipathie remonte à un match de Leeds à Derby à la fin duquel Revie n’aurait pas été saluer Clough. Toujours est-il que la rivalité a indiscutablement été impulsée par Clough, pris de dégoût pour son adversaire.

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Hors course en First Division et en FA Cup, le parcours en Champion’s League devient le seul salut du club, qui est opposé au Spartak TAZ Trnava en quart de finale. Défaits 1-0 en Slovaquie, les Rams remontent le déficit en l’emportant 2-0 lors du match retour et se qualifient pour une demi-finale face à la Juventus de Turin, match le plus important de l’histoire du club. Le match aller se déroule le 11 avril à Turin ; pourtant avant la rencontre, John Charles – ancien joueur anglais de Leeds et de la Juventus – prévient le staff de Derby qu’il vient d’apercevoir le joueur de la Juventus Helmut Haller se rendre à deux reprises dans le vestiaire de l’arbitre, son compatriote allemand Gerhard Schulenberg. A la mi-temps, c’est l’assistant Peter Taylor qui aperçoit le joueur se rendre une nouvelle fois dans le vestiaire de l’arbitre ; il décide alors de les suivre et de demander à écouter la conversation, feignant de comprendre l’allemand. Pourtant, Haller lui donne un coup de coude dans le torse, et deux officiers l’embarquent. Sur le terrain, la Juve domine et l’emporte 3-1 ; l’arbitrage n’en reste pas moins étonnant : Gemmil et McFarland reçoivent ainsi chacun un carton jaune unanimement jugé injuste par la presse anglaise qui les empêche de participer au match retour. Il n’en faut pas plus pour persuader Clough qu’il est victime d’une conspiration: en conférence en presse, il lance son célèbre « No cheating bastards will I talk to. I will not talk to any cheating bastards. »

Une fin de saison délicate

Avant le match retour, nouveau scandale lorsque l’arbitre du match retour Francisco Marques Lobo explique avoir reçu la promesse de recevoir une récompense en cas de victoire de la Juventus ; mais l’enquête de l’UEFA détermine que l’acte est indépendant et non pas le fait du club. La rencontre se termine elle sur le score de 0-0 (ci-dessous): Derby est éliminé. Plus tôt dans l’année, le 21 mars au soir de la victoire face au Spartak TAZ Trnava, la mère de Clough est décédée. Ce dernier date pourtant dans son autobiographie la mort de celle-ci le soir même de la défaite face à la Juventus. Étrange ? Pas vraiment: la mère de Clough avait une place particulière dans sa vie et fut une figure centrale dans son éducation. Obstiné à lui plaire et à la satisfaire, il avait toujours cherché un moyen de compenser ses échecs aux diplômes scolaires: gagner des médailles, et notamment la Coupe d’Europe, était devenu le soir de son décès son unique objectif. La douleur de cette élimination face à la Juventus ne faisait ainsi que réveiller en lui la douleur du décès.

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Les Rams peuvent encore se qualifier pour la Coupe UEFA et closent la saison comme il se doit par une belle victoire 3-0 pour se donner toutes les chances de la décrocher. Les hommes de Clough sont septièmes, une bien décevante performance. Au même moment, Leeds est défait en finale de FA Cup face à Sunderland et en finale de Coupe des Vainqueurs de Coupe face au Milan AC: ils ne participeront donc pas à la Coupe des Vainqueurs de Coupe de la saison suivante, et sont reversés en Coupe UEFA. Derby se retrouve sans rien alors qu’une fort décevante saison prend fin.

Partie 2 – De l’été 1973 à l’été 1974 : le temps des surprises

Rémi Carlu

Bibliographie:

Clough, Brian, Clough: The Autobiography (Corgie, 1995)
Clough, Brian, Cloughie: Walking on Water (Headline, 2005)
Hamilton, Duncan, Provided You Don't Kiss Me: 20 Years with Brian Clough (Harper Perennial, 2008)
Hermiston, Roger, Clough and Revie: The Rivals Who Changed the Face of English Football (Mainstream, 2011)
Shaw, Don, Clough’s War (Ebury, 2010)
Wilson, Jonathan, Nobody Ever Says Thank You - Brian Clough, the Biography (Orion, 2012)

Crédits photos et vidéos:

www.footballwhispers.com, DR
www.guardian.com, Millow/Mirrorpix
www.gazettelive.co.uk, DR
www.pinterest.com, DR
www.mightyleeds.co.uk, DR
www.vintagephotos.co.uk, Mirrorpix
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